🌊 Inondations en PACA : quels réflexes pour l’urbanisme et la construction ?
Épisodes méditerranéens, montée des eaux de l’étang de Berre, réseaux pluviaux saturés : à Martigues comme ailleurs dans les Bouches-du-Rhône, le risque inondation façonne déjà les règles de construction. Voici ce qu’il faut savoir pour bâtir et aménager la ville de demain.
Le 8 novembre 2020, un nouvel arrêté de catastrophe naturelle pour inondation était pris sur la commune de Martigues. Ce n’était pas le premier : la ville en compte 14 depuis 1982, répartis sur cinq décennies. Un signal clair que le risque n’est ni ponctuel ni théorique, et qu’il doit désormais s’anticiper dès la conception d’un projet de construction ou d’aménagement urbain.
📌 À retenir
- 🏗️ Le PPRi (Plan de Prévention des Risques d’inondation) s’impose à tout permis de construire dans les zones concernées.
- 🌿 Désimperméabiliser les sols et végétaliser les toitures réduit directement le ruissellement urbain.
- 🚧 Batardeaux, clapets anti-retour et plancher surélevé restent les protections individuelles les plus efficaces.
- 📱 La vigilance Météo-France « pluie-inondation » doit être consultée dès qu’un épisode méditerranéen s’annonce.
🗺️ Le PPRi, la règle qui encadre toute construction
Institué par la loi Barnier de 1995, le Plan de Prévention des Risques d’Inondation (PPRi) est élaboré par le préfet via la DDTM et la DREAL PACA. C’est une servitude d’utilité publique annexée au Plan Local d’Urbanisme de chaque commune, opposable à tout permis de construire, déclaration préalable ou certificat d’urbanisme.
| Zonage | Niveau d’aléa | Conséquences pour la construction |
|---|---|---|
| 🔴 Zone rouge | Fort | Construction nouvelle interdite ; travaux de réduction de vulnérabilité possibles sur l’existant |
| 🔵 Zone bleue | Modéré | Construction autorisée sous prescriptions strictes : plancher habitable surélevé, batardeaux, clapets anti-retour, matériaux résistants à l’eau |
| ⚪ Zone blanche | Faible ou nul | Aucune prescription spécifique liée au PPRi |
Pour Martigues, la situation mérite une vigilance particulière : la commune est identifiée comme fortement exposée au risque d’inondation, avec un aléa qualifié de fort sur certains secteurs. L’absence de PPRi approuvé sur une zone ne signifie jamais l’absence de risque : la référence reste l’atlas des zones inondables, consultable adresse par adresse sur Géorisques, le site officiel de l’État.
🏡 Construire ou rénover : les bons réflexes techniques
Surélever et protéger le rez-de-chaussée
Dans les zones à risque modéré, la première ligne de défense reste le plancher habitable surélevé au-dessus de la cote de référence fixée par le PPRi. Les réseaux électriques et techniques (tableaux, prises, chaudières) doivent également être positionnés en hauteur, et les matériaux du rez-de-chaussée choisis pour résister à une immersion temporaire (carrelage plutôt que parquet, enduits hydrofuges).
Installer des protections amovibles
Les batardeaux (panneaux étanches posés devant portes et fenêtres) et les clapets anti-retour sur les réseaux d’évacuation limitent les entrées d’eau lors d’une crue rapide. Ce sont des équipements relativement peu coûteux, souvent éligibles à des aides via le fonds de prévention des risques naturels majeurs.
Désimperméabiliser à l’échelle de la parcelle et du quartier
Un sol bétonné ou bitumé ne laisse plus l’eau s’infiltrer : elle ruisselle et sature les réseaux pluviaux. Remplacer une partie des surfaces minérales par des revêtements perméables (pavés drainants, graviers stabilisés, espaces verts) réduit sensiblement le volume d’eau qui part directement à l’égout lors d’un orage.
Végétaliser les toitures
Une toiture végétalisée bien dimensionnée peut retenir 50 à 80 % des eaux pluviales selon l’épaisseur de son substrat, soulageant d’autant les réseaux d’assainissement lors des épisodes intenses. Un complexe plus épais retient davantage d’eau, mais la structure porteuse du bâtiment doit être dimensionnée en conséquence dès la conception. La réglementation issue de la loi Climat et Résilience encourage désormais ce type d’aménagement sur les toitures et les parkings, même si les obligations restent encore limitées face à l’ampleur des épisodes climatiques à venir.
🏙️ Le rôle des collectivités dans la résilience urbaine
À l’échelle communale et intercommunale, plusieurs leviers complètent l’action individuelle :
- 🌳 Création de noues paysagères et de bassins de rétention pour stocker temporairement les eaux de pluie ;
- 🅿️ Végétalisation des parkings publics pour limiter les surfaces imperméabilisées ;
- 📋 Révision régulière des PPRi pour intégrer les nouveaux épisodes climatiques observés ;
- 🚨 Systèmes d’alerte locaux relayant la vigilance Météo-France auprès des habitants.
📱 Que faire en cas d’alerte inondation ?
Dès qu’une vigilance orange ou rouge « pluie-inondation » est déclenchée par Météo-France pour les Bouches-du-Rhône : évitez les déplacements non essentiels, ne vous engagez jamais sur une route submergée, coupez l’électricité si l’eau menace d’entrer dans le logement, et tenez prêt un kit d’urgence. Après un épisode ayant causé des dégâts, la déclaration à l’assureur doit intervenir dans les délais prévus par la garantie catastrophe naturelle, une fois l’arrêté interministériel publié.
🎒 Le kit d’urgence inondation : la liste complète
À préparer à l’avance et à ranger dans un sac étanche, facilement accessible en cas d’évacuation rapide :
📄 Papiers et documents
- Pièces d’identité, livret de famille, passeports
- Carte Vitale et carnet de santé / ordonnances en cours
- Contrat d’assurance habitation et coordonnées de l’assureur
- RIB, moyens de paiement, un peu d’espèces
- Copies des diplômes, titres de propriété ou de bail (idéalement aussi numérisées sur clé USB ou cloud)
🔦 Matériel et éclairage
- Lampe de poche et piles de rechange (éviter les bougies, risque d’incendie)
- Radio à piles ou à manivelle pour suivre les consignes officielles
- Chargeur de téléphone portable (batterie externe chargée)
- Sifflet pour signaler sa présence si besoin
- Couteau multifonction, ruban adhésif, sacs plastiques étanches
💊 Santé
- Trousse de premiers secours (pansements, désinfectant, gants)
- Médicaments habituels pour au moins une semaine
- Masques et gel hydroalcoolique
- Lunettes de vue ou lentilles de secours si besoin
🍫 Eau et nourriture
- Eau en bouteille (1,5 litre par personne et par jour, pour 3 jours minimum)
- Aliments non périssables et faciles à consommer (barres énergétiques, conserves, fruits secs)
- Ouvre-boîte manuel
- Nécessaire spécifique pour nourrissons ou personnes à besoins particuliers (lait infantile, aliments adaptés)
👕 Vêtements et confort
- Vêtements chauds et imperméables de rechange
- Bottes ou chaussures étanches
- Couverture de survie ou duvet léger
- Nécessaire d’hygiène de base (brosse à dents, savon, serviettes)
🐾 Cas particuliers
- Carnet de santé et nourriture pour les animaux de compagnie, laisse ou cage de transport
- Matériel spécifique pour personnes à mobilité réduite ou dépendantes d’appareils médicaux
- Jouet ou objet rassurant pour les jeunes enfants
💡 Bon réflexe : vérifier tous les six mois les dates de péremption (nourriture, médicaments, piles) et adapter le kit à la composition du foyer. Le sac doit rester accessible en hauteur, jamais stocké au sous-sol ou en rez-de-chaussée dans une zone à risque.
Face à des épisodes météorologiques de plus en plus intenses, la prévention inondation ne relève plus seulement des pouvoirs publics : elle se joue aussi, très concrètement, dans les choix de construction et d’aménagement de chaque propriétaire et de chaque commune du territoire.
- Préfecture des Bouches-du-Rhône
- Géorisques – Ministère de la Transition écologique
- Fonciris – Analyse des risques communaux
- Mapvisu – Zones inondables Martigues
- ADIVET – Association des toitures et façades végétales
- Les entreprises du paysage (UNEP) – Loi Climat et Résilience
- Service-public.fr
