Aéronautique & Sécurité civile

FF72-S : que sait-on vraiment du futur bombardier d’eau français ?

Face aux mégafeux qui menacent chaque été la Provence et le pourtour méditerranéen, une start-up toulousaine promet une alternative française au Canadair. Où en est ce projet, et que peut-il changer pour la lutte anti-incendie ?

Publié le 26 juillet 2026 · Temps de lecture : 5 min

Et si la France se dotait d’un nouveau bombardier d’eau, plus économique et plus rapide à faire décoller qu’un Canadair ? C’est le pari de Positive Aviation, une jeune entreprise toulousaine, avec son projet FF72-S. Entre promesses techniques et calendrier industriel, voici ce que l’on sait officiellement de ce programme suivi de très près par la filière française de lutte contre les mégafeux.

Qui est Positive Aviation, la société derrière le FF72-S ?

Positive Aviation est une start-up basée à Blagnac, près de Toulouse, fondée en 2024 par Laurent Schmitt, ancien ingénieur en chef chez Airbus, entouré de cinq autres anciens ingénieurs du groupe. L’entreprise mobilise déjà plus de 150 professionnels, principalement en France, et ambitionne de recréer une filière industrielle européenne de l’hydraviation, un secteur largement délaissé sur le continent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le FF72-S, un ATR 72 transformé en hydravion

Le FF72-S n’est pas un avion conçu de zéro : il s’agit d’une conversion de l’ATR 72-600, un avion de transport régional largement utilisé dans le monde et dont la maintenance est déjà maîtrisée par de nombreux professionnels. La transformation consiste à remplacer les trains d’atterrissage classiques par deux flotteurs écopeurs, eux-mêmes équipés de trains d’atterrissage et de systèmes d’écopage.

Ces flotteurs permettent à l’appareil de se poser sur un plan d’eau (lac, rivière ou mer) et d’y puiser directement de l’eau en douze secondes, sans jamais s’arrêter, avant de repartir combattre le feu.

Quelles sont ses capacités annoncées ?

Selon les chiffres communiqués par Positive Aviation, le FF72-S pourrait transporter 8 000 litres d’eau, contre environ 6 000 litres pour un Canadair CL-415 classique, soit une capacité annoncée supérieure d’environ 30 %. Cette eau serait ensuite larguée en une seconde environ par des trappes situées sous le fuselage, une méthode censée éteindre le feu à la fois par le souffle de l’impact et par le volume d’eau déversé.

Côté coût, l’entreprise annonce un prix d’achat compris entre 30 et 35 millions d’euros par appareil, contre 60 à 80 millions d’euros pour un Canadair, avec des coûts opérationnels annoncés en baisse de plus de 50 %.

Multiplast, le savoir-faire breton au cœur du projet

La fabrication des flotteurs a été confiée à Multiplast, entreprise morbihannaise basée à Vannes, spécialisée dans les matériaux composites et reconnue dans le monde de la course au large. Le 23 juillet 2026, Multiplast a livré les coques composites du premier flotteur destiné au démonstrateur FF72-X1, transférées vers le Technocentre Airbus de Nantes pour l’assemblage final. Chaque coque mesure 18 mètres de long et pèse entre 400 et 500 kilos.

Pour accompagner la montée en puissance du programme, Multiplast investit 14 millions d’euros dans une nouvelle unité de production à Vannes, avec l’objectif, à terme, de produire une douzaine d’appareils par an et de créer une vingtaine d’emplois supplémentaires.

Quel calendrier pour l’entrée en service ?

D’après les informations officielles communiquées par les industriels, le premier vol d’essai du démonstrateur est attendu à l’automne 2026, les essais en vol complets étant prévus début 2027. Une entrée en service est annoncée pour 2029.

Le FF72-S sera-t-il utilisé en France ?

C’est l’un des points les plus notables du dossier : selon les industriels, les premiers appareils devraient être mis en service aux États-Unis dès l’été 2029, une société privée américaine en ayant déjà commandé dix exemplaires. La France, de son côté, continue pour l’instant de miser sur les Canadair pour sa flotte de Sécurité civile, qui gère de manière centralisée la lutte contre les feux de forêt sur le territoire national.

Ce qu’il faut retenir

  • Le FF72-S est développé par Positive Aviation, start-up toulousaine fondée en 2024.
  • Il s’agit d’une conversion amphibie de l’ATR 72-600, capable d’écoper l’eau en 12 secondes.
  • Capacité annoncée : 8 000 litres d’eau, larguables en environ 1 seconde.
  • Coût annoncé : 30 à 35 millions d’euros, contre 60 à 80 millions pour un Canadair.
  • Premier vol d’essai attendu à l’automne 2026, entrée en service annoncée pour 2029.
  • Premiers clients confirmés : une société privée américaine (10 appareils commandés).

Article rédigé à partir des informations officielles communiquées par Positive Aviation et Multiplast. Les chiffres de capacité, de coût et de calendrier sont ceux annoncés par les industriels et pourront évoluer d’ici l’entrée en service prévue.

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