
🧑🚀 Sortie dans l’espace : ce qui peut vraiment tourner mal dans une combinaison
On imagine souvent les astronautes flottant en toute élégance au-dessus de la Terre. La réalité d’une sortie dans l’espace est plus terre à terre : on passe six à sept heures enfermé dans une combinaison sous pression, et le moindre petit désagrément devient un vrai sujet. Une démangeaison au nez, par exemple, et personne pour vous gratter.
📌 L’essentiel en un coup d’œil
- ⏳ Une sortie extravéhiculaire dure généralement entre 6 et 8 heures
- 🌡️ Les écarts de température dehors dépassent largement les 200 °C entre soleil et ombre
- 🧤 Les gants pressurisés sont l’une des principales sources de fatigue
- 💧 Une poche d’eau d’environ un litre est la seule boisson disponible
😖 Les démangeaisons : le classique
Dans la combinaison, les mains sont prises dans des gants rigides et il est impossible de les amener au visage. Pour le nez, les combinaisons américaines prévoient un petit patch abrasif en velcro à l’intérieur du casque : on se frotte simplement dessus. Pour le reste du corps, on bouge les épaules, on se tortille un peu, et on prend son mal en patience.
🚽 Boire, manger, aller aux toilettes
Impossible d’enlever la combinaison pour une pause. Côté boisson, une poche d’eau avec une paille reste accessible près de la bouche. Côté repas, une barre alimentaire peut être fixée à l’intérieur. Quant aux besoins naturels, les astronautes portent une couche absorbante, sans solution plus confortable pour ces longues heures.
🧤 Les gants, ces petits tyrans
Une combinaison gonflée à l’intérieur résiste à chaque mouvement. Fermer la main revient à plier un ballon, et ce, des milliers de fois en quelques heures. Plusieurs astronautes ont raconté des mains très fatiguées, des crampes, et parfois des ongles abîmés après les sorties. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’entraînement dure des mois, en grande partie dans une immense piscine qui reproduit l’apesanteur.
🌫️ La buée et l’éblouissement
Un casque qui s’embue, c’est le genre de détail qui peut tout gâcher. En 1966, l’Américain Eugene Cernan a vu sa visière se couvrir de buée pendant sa sortie : il a fini épuisé, le cœur au maximum. Depuis, les visières reçoivent un traitement antibuée. Et dehors, le soleil est aveuglant : on referme alors un pare-soleil doré sur le casque.
👁️ L’anecdote : quand une larme ne peut pas tomber
Lors de sa première sortie extravéhiculaire, en avril 2001, pendant la mission STS-100, Chris Hadfield travaillait à l’extérieur de la Station spatiale internationale. Un liquide contaminé par le produit antibuée utilisé sur la visière de son casque a atteint son œil.
Son œil s’est mis à larmoyer fortement. Le problème est qu’en microgravité, les larmes ne coulent pas sur la joue comme sur Terre : elles restent sur l’œil sous forme de goutte et peuvent grossir. La goutte a finalement traversé l’arête du nez et atteint son deuxième œil, ce qui l’a rendu temporairement quasiment aveugle. L’Agence spatiale canadienne confirme ce phénomène.
Hadfield a alors contacté Houston. On lui a demandé d’ouvrir la vanne de purge de son casque, afin de faire circuler de l’oxygène frais. Cela a progressivement permis d’évaporer ou de diluer le liquide présent autour de ses yeux, et il a finalement récupéré suffisamment de vision pour poursuivre la sortie.
💡 À savoir : avant de sortir, les astronautes respirent de l’oxygène pur pendant plusieurs heures, afin d’éliminer l’azote du sang et d’éviter l’accident de décompression, le même qui guette les plongeurs.
🌡️ Entre brûlure et gel
Au soleil, la température extérieure peut dépasser 100 °C ; à l’ombre, elle chute bien en dessous de −100 °C. La combinaison compense avec un sous-vêtement parcouru de tuyaux d’eau fraîche, mais la transpiration reste un vrai sujet, surtout quand l’effort monte.
⚠️ Quand le « petit problème » devient sérieux
En 1965, le Soviétique Alexeï Leonov, premier homme à sortir dans l’espace, a vu sa combinaison se gonfler au point de ne plus pouvoir franchir le sas. Il a dû réduire lui-même la pression pour parvenir à rentrer.
Plus près de nous, en juillet 2013, l’Italien Luca Parmitano a senti de l’eau s’accumuler dans son casque, jusqu’à lui gêner la vue et la respiration. La sortie a été interrompue et il a pu rentrer sans dommage, mais l’épisode a conduit à revoir certains équipements.
🤔 Et vous, qu’auriez-vous fait ?
Six heures dans une combinaison, avec une démangeaison au nez : on se demande si on tiendrait ! Dites-nous en commentaire quel petit désagrément vous semblerait le plus difficile à supporter, ou si vous connaissez d’autres anecdotes d’astronautes. On les lit toutes avec plaisir.
- NASA – documentation sur la combinaison EMU et les sorties extravéhiculaires
- Agence spatiale européenne (ESA) – incident de la sortie du 16 juillet 2013
- CNES – dossiers sur la vie à bord de l’ISS
- Agence spatiale canadienne – sortie extravéhiculaire de Chris Hadfield, mission STS-100 (2001)
- Wikipédia – Activité extravéhiculaire, Alexeï Leonov, Luca Parmitano, Chris Hadfield
